Changer les couleurs du temps

Avec la Pentecôte, la couleur du temps liturgique va passer, par le rouge de l’Esprit, du blanc de la fête au vert de l’espérance "ordinaire". Mais, bien sûr, le titre de cet éditorial évoque la chanson de Guy Béart qui disait donc en 1973 vouloir changer les couleurs du temps, mais aussi du monde. On ne doutait de rien en ce temps-là. Pourtant, en un sens, c’est bien en changeant d’abord le regard de l’homme sur la réalité que l’Esprit Saint fait, avec lui, toutes choses nouvelles.

Jésus dit qu’en celui qui l’aime, avec le Père il viendra demeurer. Comment les sentiments d’un homme gratifié d’une telle présence ne changeraient-ils pas ? S’il voyait auparavant les autres comme par le temps maussade dont la tristesse païenne et la méfiance qui vient du mauvais couvrent nos âmes, c’est-à-dire avec hostilité ou indifférence, l’amour qu’est Dieu lui ouvrira les yeux sur la beauté cachée de toute créature, et le cœur à la tendresse du Créateur pour l’œuvre de ses mains.

Et s’il n’est pas seul mais qu’il peut partager le bonheur d’un tel regard nouveau avec d’autres éveillés à cette grâce, alors, évidemment, ensemble ils pourront changer le monde autour d’eux comme les Apôtres après la Pentecôte allumèrent jusqu’aux extrémités de la Terre le feu qu’apportait Jésus et que ranime sans cesse "l’autre Défenseur". Car l’Esprit, comme le Christ, "défend" la création contre l’accusation du Satan. Inspirés par le Saint qui s’est donné jusqu’à la croix et qui vit auprès du Père, nous apprenons à aimer même les détestables, et cela peut changer leur cœur, puis leur monde.
Père Marc Lambret



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