Voir, croire et agir

La béatitude qui constitue la pointe de cet évangile de Thomas, « Heureux ceux qui croient sans avoir vu », nous est adressée directement : depuis la fin des apparitions, nul d’entre nous n’a jamais vu le Christ ressuscité, et pourtant nous croyons en lui. Toutefois, nous croyons si peu et si mal, bien souvent, qu’il vaut mieux recevoir cette parole comme un encouragement plutôt qu’à titre de félicitations. Rassurons-nous : aussitôt que nous avons reconnu avec humilité notre faiblesse et notre fragilité, nous écriant comme les Apôtres « viens en aide à notre peu de foi ! », nous sommes exaucés et comblés de la joie de croire et d’être sauvés.

Au demeurant, rappelons-nous qu’aucune vision ne dispense du saut nécessaire qui fait passer du savoir au croire. Thomas a vu et cru, mais il aurait pu voir et ne pas croire. D’ailleurs tous les Apôtres ont eu des hésitations, et même des doutes, lors des apparitions du Seigneur. Semblablement, devant le mystère de l’Eucharistie, ce que nous voyons, ce sont les espèces du pain et du vin : seul le regard de la foi nous donne d’y discerner le Corps et le Sang du Christ. En définitive, c’est toujours par la parole de l’Église fondée sur le témoignage des Apôtres qu’il nous est donné de croire au Ressuscité.

Cette foi sublime ne nous arrache pas à la réalité ni à nos responsabilités envers nos proches et dans la cité. Puissions-nous remplir notre devoir électoral, aujourd’hui pour la présidentielle et bientôt lors des législatives, en conscience, c’est-à-dire en considérant la gravité de nos décisions pour notre humanité et pour ce monde, puisque le Seigneur a donné sa vie par amour pour elle et pour lui. Ayons confiance en l’Esprit Saint que souffle le
Ressuscité sur son Église pour accomplir par nous des merveilles en faveur des hommes d’aujourd’hui.
Père Marc Lambret



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