L’évangile dit "de l’enfance" en Luc, commence par un pas de deux entre les figures masculines de Jean Baptiste et de Jésus : dans ce mouvement, il est clair que le premier, Jean, devra passer derrière le second, le Christ. Mais sur ce motif principal se brodent plusieurs variations dont les acteurs sont un homme et une femme. Et dans ces situations, l’ordre d’apparition et ses développements sont variés, mais une tendance commune se dégage.

La naissance du Baptiste est d’abord annoncée à Zacharie qui sort du sanctuaire incapable d’en faire part à sa femme de vive voix puisque rendu muet jusqu’à la réalisation de la parole à laquelle il n’a pas cru. Mais on peut imaginer qu’il a pensé dès ce moment à communiquer par écrit sur une tablette. En tout cas c’est Élisabeth qui dira la première à tous qu’il « s’appellera Jean », le père ne venant qu’en-suite confirmer la parole de son épouse.

Mais nous n’en sommes pas là aujourd’hui : Élisabeth en est au sixième mois et les enfants sont portés par les femmes. Or c’est la mère du Baptiste qui, remplie de l’Esprit Saint, s’écrie : « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » Cette parole constitue en quelque sorte la première confession de foi en l’incarnation et devance donc le grand cantique entonné par Zacharie après la naissance de Jean.
Ainsi, dans cet évangile de Luc surtout, des femmes précèdent les hommes dans la reconnaissance du divin comme elles le feront à la résurrection, devenant les "apôtres des Apôtres", Marie-Madeleine en tête. Ne devons-nous pas y reconnaître une proximité particulière de celles à qui il est donné de donner la vie, avec le mystère de notre salut dans lequel notre vie d’ici-bas prend toute sa valeur d’être promise à la vie éternelle ?

Père Marc Lambret

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