Ouvert à l'extérieur, fermé à l'intérieur

Ce portrait minimaliste à forte charge critique visait le pape Benoît XVI à son avènement. L’auteur, progressiste, lui reprochait de se montrer à la suite de son prédécesseur accueillant aux autres religions, mais peu porté à faire de la place aux mouvances qu’il représentait dans l’Église catholique. Aujourd’hui, le pape François est la cible de semblables doléances, en provenance toutefois de groupes d’une autre sensibilité.

Mais, à lire l’évangile d’aujourd’hui, il semble que le Seigneur lui-même s’expose à de pareilles protestations. Dans la première partie, ne formule-t-il pas un mot d’ordre frisant le laxisme en affirmant : « Qui n’est pas contre nous est pour nous » ? Or, ensuite, le rigorisme et la violence de sa sortie contre les fauteurs de scandale nous effraient au point que nous nous empressons de la déclarer à ne pas prendre au pied de la lettre.

Sans doute pourtant nous faut-il écouter la Parole avec docilité, sachant que nos chemins ne sont pas ceux du Seigneur, ni nos pensées les siennes. Et, justement, la clef du paradoxe pourrait bien se trouver dans la lettre du texte si l’on prend au sérieux la clause de ne pas être « contre nous » afin d’être « pour nous ». En effet, d’abord du côté de ceux de l’extérieur, cette non-malveillance est déjà le signe d’une conversion à l’Esprit.

Ensuite, si l’on applique le même principe à ceux de l’intérieur, ne faut-il pas en conclure que celui qui se montre « contre nous » en scandalisant gravement les petits du Seigneur ne saurait être considéré comme « des nôtres » ? Il ne s’agit pas simplement des péchés que tous nous commettons et que nous devons regretter en en demandant pardon, mais de désordres sacrilèges invétérés. Ceux-là, il faut les réprouver radicalement tout en en remettant les auteurs à la miséricorde de Dieu.
Père Marc Lambret





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