Rapport d'étonnement

Dans l’évangile d’aujourd’hui, à l’étonnement des auditeurs au sujet de Jésus, de sa sagesse et de ses miracles, répond le sien à la fin de l’épisode devant leur manque de foi. Mais ce n’est pas le même verbe grec dans les deux cas : eux sont "frappés", autrement dit abasourdis, tandis que lui considère attentivement le phénomène surprenant pour s’appliquer à en comprendre le sens.

Ainsi l’on voit beaucoup de commentateurs de l’actualité politique se laisser emporter par les résultats bruts des élections dont ils se réjouissent ou s’alarment, mais bien peu s’efforcent d’analyser en profondeur un évènement, certes effarant, mais pas si inattendu que cela. En particulier, il est instructif de rapprocher la décomposition de la cohésion sociale dont le corollaire est la perte du sens civique, de la désaffection des chrétiens qui "oublient" de pratiquer leur religion. Dans les deux cas la faute est grave, mais le signaler ou le rappeler semble aussi inefficace que prêcher dans le désert, tant les consciences sont anesthésiées.

Ne faut-il pas s’étonner comme Jésus du manque de foi de nos contemporains et du peu de cas qu’ils font de leur baptême et de cette merveilleuse participation au mystère pascal du Christ qui leur fut ainsi conférée ? Il paraît de surcroît que beaucoup qui vont un peu à la messe en cours d’année l’oublient en vacances. Et si nous profitions de ce temps de repos pour en faire aussi une période de plus de grâces ? Bon été à tous !

Père Marc Lambret



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