Priorité à l'actualité

C’est un principe des médias, et donc aussi des politiques. L’actualité, dans notre pays, ce sont les élections régionales et départementales, marquées par l’abstention de deux français sur trois au premier tour, grave symptôme de désintérêt général pour la démocratie. Combien de nos concitoyens, en effet, n’ont pas jugé bon d’accorder la priorité à ce devoir civique ? D’autant plus que la possibilité de voter par procuration permettait d’honorer d’autres obligations sans déroger à celle-là. Cette démission de sa responsabilité citoyenne est une faute contre l’amour, si tant est, comme l’a réaffirmé récemment le pape François à la suite de saint Paul VI, déjà relayé par saint Jean-Paul II, que « la politique est la forme la plus haute de la charité ».

La gestion des priorités relève de la sagesse et de la prudence pour quiconque se trouve soumis à des sollicitations multiples : les parents connaissent bien la question, surtout les mères de famille nombreuse ! Jésus aussi a connu la nécessité de parfois s’interrompre dans une affaire importante pour s’occuper d’une autre plus urgente : l’évangile d’aujourd’hui nous en donne un exemple particulièrement saisissant. Bien sûr, c’est toujours la charité, cette grande dame à qui il faut obéir, qui donne la mesure de toute œuvre à accomplir et donc l’ordre dans lequel il faut les réaliser.

Puissent les chrétiens en donner l’exemple aussi par leur exactitude à remplir leur devoir électoral. Si cette démarche leur semble une formalité d’utilité douteuse ou de peu d’importance, qu’ils se rappellent que le Seigneur a dit : « Celui qui se montre digne de confiance dans une moindre chose se montrera aussi digne de confiance dans une grande. » Le Christ qui guérit la femme hémorragique et ressuscite la jeune-fille bénira toutes nos actions justes, c’est-à-dire ordonnées à promouvoir la vie des hommes qu’il est venu leur donner en abondance, les petites comme les grandes.

Père Marc Lambret

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