Résister avec la force de la Foi

Seul un être inhumain pourrait ne pas être saisi par la peur devant un grave péril imminent. Jésus ne peut l’ignorer, lui qui "sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme". Mais la question qui se pose est : que faire de ce sentiment ? La bonne réaction, assez naturelle, est d’agir de toutes les manières possibles pour conjurer le danger. Outre que les efforts déployés seront peut-être couronnés de succès, de toute façon, l’action est le meilleur des anxiolytiques, les psychologues vous le diront. Et si l’on est complètement dépassé par l’évènement, il reste à chercher en soi les ressources mentales pour éviter la panique, même si c’est plus aisé à dire qu’à réaliser.

Pourquoi donc le Seigneur reproche-t-il à ses disciples de "ne pas avoir encore de foi" ? Parce qu’il est une troisième voie, surhumaine certes, pour dominer la terreur du naufrage inéluctable. Elle consiste dans la
considération du mystère du Christ vainqueur précisément sur la croix où il meurt apparemment vaincu par le monde. L’adoration du Crucifié comme celui qui est descendu du ciel par amour pour nous et qui, ressuscité, remontera vers le Père pour réintégrer la gloire qu’il avait auprès de lui avant le commencement du monde, voilà ce qui peut dissiper toute crainte, comme les martyrs en témoignent.

N'attendons pas d’être confrontés à la perspective du sacrifice suprême – ce qui, Dieu merci, nous sera peut-être épargné ! – pour mettre en œuvre cette stratégie de lutte contre les angoisses et les frayeurs de l’existence. Laissons l’Esprit Saint nous convaincre que le Père, qui sait de quoi nous avons besoin, ne nous abandonne jamais, pas plus qu’il n’a abandonné son Fils, même lorsqu’il rendait le dernier souffle sur le bois. Alors il remportait pour nous la victoire sur le démon « qui rôde, cherchant qui dévorer », mais auquel l’Apôtre Pierre nous exhorte à "résister avec la force de la foi".
Père Marc Lambret



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