Maladies d'amour et remède

Nous pensons d’abord à celle-là que la chanson dit de la jeunesse, mais qu’une autre voit courir dans le cœur des enfants de sept à soixante-dix-sept ans (et au-delà ?), une douce affection qui pourtant se fait parfois mortelle. Quant à Jérémie, il nous assure que le cœur de l’homme est compliqué et malade (Jr 17,9). À vrai dire, si les histoires d’amour ne se terminent pas toujours mal, elles ne peuvent durer sans se compliquer. Nos "lointains" ne nous gênent pas, mais nos plus proches et les plus chéris parmi eux sont aussi ceux que nous détestons le plus à l’occasion.

En réalité, les maladies d’amour sont innombrables, elles tourmentent l’homme au lieu même de ce pour quoi la vie lui semble valoir d’être vécue. L’amour est en nous un mouvement aussi puissant qu’incessant car nous sommes faits pour aimer et être aimés. Mais il est contrarié par des obstacles ou des refus, qu’ils soient extérieurs ou intérieurs. Car le plus inquiétant est de découvrir qu’en nous-mêmes se joue un affrontement entre l’heureux désir d’amour et une volonté contraire. Le mauvais, en effet, tente toujours de nous souffler sa haine de tout.

Si les maladies pullulent, le remède est unique : c’est l’amour dont le Fils de Dieu nous a tous aimés jusqu’au bout. Rares sont ceux qui, à lire les évangiles, n’ont pas aimé Jésus. Certains, voulant l’abaisser, l’ont dépeint comme un idéaliste, non-violent inadapté ou révolutionnaire raté, mais personne n’a pu douter de son amour inouï, invincible en son cœur jusque sur la croix où l’injustice du monde atteint son paroxysme. Cet amour est la panacée pour tous nos maux de l’âme : à le contempler, il devient possible pour nous de nous aimer comme lui.

Père Marc Lambret



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