Le sacrement de l'alliance

Cette expression est cachée au creux de la messe comme une perle fine enfouie dans le trésor royal. Lors de la préparation des dons, le diacre, en versant un peu d’eau dans le calice, dit à voix basse : "Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité". Elle désigne donc ici précisément l’Eucharistie. Mais comme, en puissance, ce "sacrement des sacrements" les porte tous, tous portent aussi cette note qui relève de l’analogie du mariage. Le baptême scelle l’union de Dieu avec chacun dans celle du Christ et de l’Église, confirmée par le don de l’Esprit qui est la communion du Père et du Fils.

Jésus ressuscité n’est ni plus ni moins uni à ses disciples qu’avant. Ou plutôt, il l’est d’autant plus dans la réalité de sa présence sacramentelle à tous les moments de la vie des chrétiens, qu’il l’est moins dans les termes contraints de notre espace et de notre temporalité. Cet affranchissement des déterminations de notre condition terrestre qu’il a épousée, le rend encore plus libre d’honorer de toutes les manières sa promesse d’être avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde.



Ainsi, le oui que nous redisons à chaque occasion eucharistique offerte par l’Église en réponse à l’initiative de Dieu venu jusqu’à nous dans la chair, fait écho à celui de notre baptême et ravive en nous le désir de la rencontre définitive à venir. Ce que nous vivons aujourd’hui sacramentellement dans la foi, c’est-à-dire encore sous le voile de la chair, nous sera donné pleinement dans l’éblouissement bienheureux de voir Dieu tel qu’il est. Cette espérance est aussi ce qui nous fait vivre déjà ressuscités en attendant le jour de resurgir avec tous les aimés de Dieu qui l’auront espéré.
Père Marc Lambret



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