Comment voyez-vous les choses?

Un même évènement donne lieu à des visions très diverses selon les différents témoins, tous les enquêteurs vous le diront. C’est une question de point de vue, physique sans doute, mais aussi psychologique, idéologique, politique ou spirituel. L’auteur des Chroniques, puisqu’il est inspiré, nous livre aujourd’hui dans la première lecture une interprétation divine de la plus grande catastrophe de l’histoire préchrétienne d’Israël : la chute du Temple et de Jérusalem. La cause en est l’impénitente trahison des chefs entrainant le peuple dans des transgressions répétées de la Loi et la persécution des prophètes. Quant au retour d’Exil, c’est un roi païen qui en est crédité comme ayant écouté la voix du Seigneur et mis sa parole en pratique !

Ce texte résonne avec l’évangile où Jésus adresse à Nicodème sa fameuse parole sur le serpent de bronze élevé au désert, auquel il est associé par le liturge : la Croix ne sera pas l’échec du Fils de l’homme, mais sa gloire et sa victoire en faveur de son peuple et de tous les hommes pécheurs. Cependant, il consonne aussi avec l’évangile de l’année A que nous privilégions pour le deuxième scrutin des catéchumènes adultes : l’épisode de la guérison de l’Aveugle-né en saint Jean est justement le récit d’une enquête très contradictoire entre des témoins aux vues opposées.

"Contradiction" est la traduction littérale du mot grec "krima" que la traduction liturgique rend par "jugement" dans la sentence finale de Jésus : "Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles." Toutes l’intelligence, l’autorité et la compétence du monde peuvent rendre aveugles ceux qui ne veulent pas voir dans la mystère pascal la manifestation de l’amour infini de Dieu. La vraie lumière qui est la foi donne le regard juste sur le monde et son salut acquis en Jésus Christ, le Fils bien-aimé donné pour les pécheurs.
Père Marc Lambret



Contact express