Il nous prend par la main

Nous assistons aujourd’hui au deuxième geste accompli par Jésus publiquement au début de son ministère. De nouveau, il s’agit de libérer l’humanité de ce qui la tourmente et l’empêche de vivre. Dimanche dernier, le Christ libérait un homme de son esprit impur. Cette fois, il opère le « réveil » de la belle-mère de Pierre alitée avec de la fièvre. Mais, ici, ni cri ni déchirure, seulement une main aussi douce que ferme qui saisit et relève.

De quoi souffrait-elle ? La fièvre n’est qu’un symptôme banal, commun à toutes sortes d’affections. Elle peut relever d’une somatisation : le stress, en particulier se traduit parfois ainsi. Peut-être atteinte de dépression ou d’un simple « coup de mou », la femme en tout cas est terrassée dans sa fragilité. Contrairement à l’idée traditionnelle, rien n’indique qu’il faille lui imputer aucune faute à l’origine de son état.

Ici s’établit une distinction essentielle entre la faiblesse et le péché. Tout mal vient du mauvais, mais il n’est pas équivalent selon que nous en sommes seulement victime ou de quelque manière complice. Jésus vient nous délivrer de tout ce qui abîme notre vie et la menace de mort. Lui sait discerner ce qui relève de son pardon et de notre conversion, de ce qui constitue une manifestation de notre vulnérabilité.

Faire la différence est déjà une étape du traitement. Les péchés dont nous sommes tentés de nous accuser sont souvent plus une conséquence de notre faiblesse qu’une véritable malignité. À l’inverse, lorsque nous nous croyons forts, nous pouvons nous aveugler sur notre véritable culpabilité. Laissons-nous éclairer par le bon médecin de nos âmes qui, dans son indulgence, nous prend par la main, nous relève et nous fait vivre.

Père Marc Lambret

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