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Qui nous volerait notre joie?

Voici venir les temps où les catéchumènes adultes sont invités à accepter l’appel décisif au baptême dans la nuit de Pâques prochaine. Certains sont saisis d’une certaine appréhension à l’idée de plonger bientôt : ils attendent de nous d’être rassurés et encouragés. D’autres, à l’inverse, sont animés d’un sentiment de certitude inébranlable : n’ont-ils pas besoin, eux, que nous les invitions à mesurer plus justement les implications et la gravité de l’engagement chrétien ?

La joie qui naît du baptême, joie ressentie d’avance à la perspective de le recevoir, est assurément un signe de la grâce inouïe qui nous est faite dans ce sacrement. Cette joie répond à celle du Père qui déclare aujourd’hui à Jésus au jour de son baptême par Jean : "Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi je trouve ma joie." Elle se distingue des joies d’ici-bas en cela qu’aucune atteinte de ce monde n’a le pouvoir de l’éteindre.



Pourquoi, alors, le pape François mettait-il en garde les jeunes : "Ne vous laissez pas voler votre joie" ? Parce que le malin qui guette au seuil de notre cœur susurre ses mensonges, essayant d’y dérober la vraie foi d’où émane la joie sans pareille. Que chacun dès lors y prenne garde : qu’il n’aille pas accueillir des idées, des passions ou des haines que l’Évangile ne saurait souffrir, au risque de perdre et la foi et la joie.

Le baptême du Seigneur par Jean, où le Père l’adoube au milieu des hommes, est aussi la prophétie de son mystère pascal, de sa plongée dans la mort par le chemin de la Passion. La vie chrétienne, vie baptismale à la suite du Christ, ne peut s’épargner les épreuves et les renoncements qu’exige l’amour de son Père et de ses frères jusqu’au don total de soi-même : là est la joie parfaite qui demeure dans le Fils pour l’éternité.
Père Marc Lambret



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