Dieu porte chance!

N’allez pas dire "bonne chance !" à l’acteur qui s’apprête à entrer en scène : il en serait probablement fâché car cela porte malheur, paraît-il. L’usage est donc plutôt de lui asséner un mot malséant, moyennant quoi il vous en saura gré. Je ne sais pas si les chasseurs usent aussi d’un substitut incongru, mais ils partagent en général l’humeur des artistes en la matière, craignant un mauvais sort si vous le leur souhaitez heureux.

La superstition s’ancre culturellement à des degrés divers dans les différents groupes sociaux, elle affecte certaines personnes davantage que d’autres, en tout cas elle demeure une pente universelle de l’esprit
humain. Quand l’avenir est incertain et que nous le craignons mauvais, nous sommes tentés de nous rassurer à coups de pensée magique. Mais nous savons que la blanche a pour revers la noire, et qu’elle nous échappe.



Fort heureusement, nous n’avons pas pour autant renoncé à nous saluer couramment d’un "bonjour !" enjoué, ni à échanger périodiquement des vœux obligés de "bonne année". Il est permis de douter des vertus que l’on prête aux trèfles à quatre feuilles comme aux pattes de lapins (sauf pour les marins !), mais la bienveillance que nous nous manifestons
mutuellement est certainement bienfaisante.

Plus sûre encore que ces saines coutumes, la foi nous donne à croire fermement en ce Dieu parfaitement bon et généreux de qui ne saurait nous venir que du bien. Et comme il est tout-puissant, nous pouvons nous bénir en lui les uns les autres sans risque que la jalousie du mauvais retourne contre nous ces mouvements d’espérance. Que le Seigneur multiplie sur vous ses bénédictions et comble de grâces votre année 2021 !


Père Marc Lambret



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