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La joie et l'amour

L’injonction à se réjouir qui marque la liturgie de ce dimanche de "Gaudete" n’est pas moins paradoxale que le commandement d’aimer : la beauté de ces sentiments ne suppose-t-elle pas leur sincérité dans le jaillissement spontané d’un cœur épris et saisi ? Or, de même que "Tu aimeras" est à entendre dans le sens d’une promesse réalisable d’avance plutôt que comme un précepte à observer servilement, de même "Réjouissez-vous" s’offre en parole performative de celui qui peut changer nos cœurs de pierre en cœurs de chair.

Bien plus, seule la foi en ce Dieu sauveur qui vient, nous établit dans l’élément de vérité où les sentiments se purifient pour se réaliser dans toute leur force et leur portée. L’amour à la manière du monde est toujours menacé par la désillusion et le renversement des affections, il peut subir la dégradation des passions tristes, il risque de sombrer dans les égarements et la folie mortifère. Quant à la joie, qui d’entre nous ne sait qu’elle se montre parfois mauvaise, tournant à la moquerie cruelle, à l’hystérie grimaçante ou au délire autodestructeur ?



Mais celui qui aime selon le cœur de Dieu trouve sa joie dans l’amour même, sans en attendre d’autre récompense. En plus, il est comblé en toutes choses bonnes même les plus petites dont le goût transfiguré devient magnifique et délicieux. La joie de l’amour signe son authenticité. Quant aux réjouissances malignes, elles s’enfuient au premier souffle de la tendresse divine. Il n’est de joie heureuse que dans et par l’amour qui allume l’étincelle de l’espérance jusque sur le chemin obscur et dans les ténèbres de l’épreuve.

Belle joie de l’amour à la famille de Dieu et à toutes les familles !
Père Marc Lambret